L’Eglise SAINT QUINTIEN

L’Ă©glise Saint Quintien par Yolande BERNARD et Lucienne SERRE

Miengué N° 19 -Décembre 2006

Historique

L’Ă©glise a Ă©tĂ© construite au XIIème siècle pour la nef et le chevet, au XIVème siècle pour les bas-cĂ´tĂ©s et des modifications furent apportĂ©es au XVème siècle. Elle a Ă©tĂ© construite avec les pierres du pays, andĂ©sit grise et des ardoises pour la couverture.

Avant 1789, elle est dédiée à Notre-Dame puis à Saint Quintien évêque de Clermont Ferrand mort entre 515 et 527.

Picherande fait partie du canton d’Eglisneuve d’Entraigues en 1790  et jusqu’au Consulat. Picherande suivit toujours le sort de la baronnie de la Tour d’Auvergne, le village dĂ©pend de la justice de Besse. Le curĂ© Ă©tait nommĂ© par le chapitre de Vic-le Comte. Bernard de La Tour, seigneur de La Tour, fit un legs Ă  cette Ă©glise en 1270.

Tout près, s’Ă©levait le château de Ravel dĂ©jĂ  ruinĂ© au XVIIIème . Pour entretenir l’Ă©glise, il n’y avait que les offrandes des fidèles et le produit de quelques reinages  (fĂŞte mi-religieuse, mi-profane oĂą l’on vendait au plus offrant des dignitĂ©s fictives : roi, reine,…). En 1782, la paroisse comptait 600 communiants (personnes en âge de communier).

Architecture

La nef (de style roman) en berceau brisĂ© est divisĂ©e en 4 travĂ©es, chacune Ă©tant sĂ©parĂ©e de la suivante par un doubleau. Des arcs en plein cintre la font communiquer avec les bas-cĂ´tĂ©s et un doubleau Ă©galement en plein cintre la sĂ©pare de l’abside semi-circulaire voutĂ©e en cul-de-four. Cette abside est encadrĂ©e de 2 sacristies presque symĂ©triques. Celle cĂ´tĂ© nord a Ă©tĂ© construite bien plus tard. Le bas-cĂ´tĂ© sud comporte 4 travĂ©es qui sont voutĂ©es d’ogives (style gothique), la seconde est percĂ©e d’une porte extĂ©rieure toutefois son palier est Ă  environ un mètre du sol extĂ©rieur actuel. Cela est dĂ» au dĂ©placement du cimetière Ă  l’extĂ©rieur du bourg.
Le bas-cĂ´tĂ© nord n’a que 3 travĂ©es. Le portail d’entrĂ©e ouvre sur la première et supporte le clocher : celui-ci est carrĂ© et il est terminĂ© par une flèche aigĂĽe. On y accède par un escalier Ă  4 pans coupĂ©s. La face nord est percĂ©e de 2 petites ouvertures. A l’intĂ©rieur, 2 cloches : l’une date de 1847, elle s’appelle Marie Gloria in Exelsis Deo Sancte Quintiane da Prono bis. CurĂ© : Serre. Maire : Andraud. Parrain : Jean Falgoux de Chareire. Marraine : Marie Alauze de la Beaubie. Elle mesure 1,18 m de diamètre et 0,95 m de hauteur. La deuxième date de 1960, elle s’appelle Marie Reine. CurĂ© : AbbĂ© Borrot. Maire : Germain Serre. Parrains : Patrick Faure et Daniel Bernard. Marraines : Bernadette Roux, Marie-France Serre, Dominique Boyer. Bienfaiteurs : Mme Renard de Chamalières et les paroissiens de Picherande  et de Saint Genès. Elle mesure : 0,95 m de diamètre et 0,80 m de hauteur. C’est celle qui, actuellement, sonne les heures et les angĂ©lus : elle remplace la cloche posĂ©e en 1926, nommĂ©e Santa Lucia. Parrain : AmĂ©dĂ©e Amblard. Marraine : Lucie GuĂ©rin, AbbĂ© Nony. Maire : Pierre Amblard. Adjoint : Julien GuĂ©rin. Conseillers : Gominard, Chabaud, Falgoux, Bouchet, Verdier, Amblard, Vernet, Rodde, Moins, Chauvet. Conseillers de paroisse : Pierre Bernard, Jean Bernard, Vergnol, Falgoux, Gardette, Vaissaire. Bienfaiteur : Julien Amblard. Cette cloche a Ă©tĂ© refondue en 1960, suite Ă  une fĂŞlure donc un mauvais son.

L’extĂ©rieur

La construction est dans un ensemble d’un bel appareil de matĂ©riaux volcanique rĂ©gulier. Une seule toiture a 2 pans très inclinĂ©e recouvre la nef et les bas-cĂ´tĂ©s. Le pignon Est est surmontĂ© d’une croix en pierre tandis qu’un petit clocheton en pierre Ă  baie trĂ©flĂ©e renferme une cloche. Cette cloche date de 1952, son diamètre est de 0,39 m. Elle s’appelle Marie ImmaculĂ©e : je chante – je pleure – j’invite. Parrains : Pierre Goigoux, François Laporte.  Marraines : Marie-Claire Amblard, Monique Amblard. CurĂ© : AbbĂ© Brilka.

Sur ce cĂ´tĂ© Est, la toiture du chevet est plus basse et dĂ©crit un demi-cercle. Des modillons et chapiteaux cubiques soutiennent la corniche et portent des sculptures : une scène de chasse, un animal Ă  langue pendante ainsi qu’un cordon Ă  tĂŞte de clou.

Les façades Sud et Nord sont étayées par des contreforts terminés en glacis.

Mobilier

Deux intéressantes statues en  bois peint de Saint Blaise (patron des paysans) et Saint-Roch (saint patron de la paroisse) reconnu pour avoir aidé à la guérison de la peste qui au XIVème siècle faisait des ravages sur le bétail et les hommes.

L ‘intĂ©rieur

La couverture a été reprise partiellement et les gouttières ont été remplacées.

Toute la partie Ă©lectrique a Ă©tĂ© refaite avec la pose d’une armoire de commande et de protection de l’ensemble des installations. Quatre petits luminaires et un grand ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s sur mesure en fer forgĂ©. Des spots dĂ©coratifs ont Ă©tĂ© posĂ©s dans les espaces bas-cĂ´tĂ©s et chapelle. Le prĂ©-cablage de la sonorisation intĂ©rieure a Ă©tĂ© fait. Le coffret d’alimentation des cloches a Ă©tĂ© changĂ© ainsi que la pointe du paratonnerre, l’ancienne n’Ă©tant plus aux normes de sĂ©curitĂ© puisque radioactive.

Réparation et remise en place des vitraux cassés des baies.

Fourniture de moellons neufs : reconstruction des parements démolis par maçonnerie de moellons provenant des démolitions, reprise, montage et hourdage au mortier de chaux, remplissage des joints avec enduit.

Sur les voûtes, il a été fait une injection de coulis de chaux à refus dans les parements désorganisés pour consolidation par un apport de liant.

Les travaux

Des travaux ont Ă©tĂ© faits de 2005 Ă  2007. L’architecte Paul CARVES  a Ă©tĂ© retenu car celui-ci travaille spĂ©cifiquement aux monuments historiques. Une Ă©tude prĂ©alable a Ă©tĂ© faite : diagnostic gĂ©otechnique, Ă©tat sanitaire gĂ©nĂ©ral de l’ouvrage, principes de restauration, mise en valeur des parements intĂ©rieurs.

– drainage des murs autour du bâtiment avec la pose de drains et injection de bĂ©ton pour consolidation des fondations

– dĂ©molition, renforcement et remise en place des contreforts pierre par pierre,

– nettoyage des pierres de toutes les façades avec remplacement de certaines en mauvais Ă©tat

– rejointoiement de toutes les pierres  de façade au mortier de chaux

SAINT QUINTIEN OU QUINTIAN

Quintien naquit dans la rĂ©gion de Clermont vers l’an 462 d’une famille noble.

Il fit ses études dans une communauté religieuse de Cournon, il termina ses études à Clermont où il devint prêtre.

Il fut nommĂ© quinzième Ă©vĂŞque de Clermont  en l’an 503 sous le règne de Clovis.

Il participa au concile d’OrlĂ©ans en 511.

MalgrĂ© son courage,  il eu beaucoup de souffrances. Il combattit l’arianisme fortement implantĂ© Ă  Clermont, en Limagne, dans les Combrailles et dans la rĂ©gion d’Issoire.

Il convertit les populations paĂŻennes de la rĂ©gion des Monts dores, de l’Artense et du CĂ©zallier.

Il y avait aussi beaucoup de misère, les énormes ravages de la peste, les intempéries qui anéantissent les cultures et de nombreuses épidémies qui déciment les troupeaux.

Pour calmer ces flĂ©aux et obtenir les grâces divines, il organisa des prières publiques et des processsions. Son successeur Saint Gal en confirma la pratique dans tout le diocèse, Saint Mamère en fit de mĂŞme dans le dicosèce de Vienne : ce qui devint les Rogations. L’usage de ces prières se rĂ©pandit dans tout l’Occident puis Ă  toute l’Ă©glise.

Après un immense travail au service de son diocèse, Quintien mourut vers l’an 530 et fut enterrĂ© dans une Ă©glise de Clermont Hors-Les-Mures.

Plus tard son corps reposera dans l’Ă©glise de Saint-Alyre aujourd’hui disparue.

D’après « les Saints en Auvergne » livre du XVIII siècle provenant du convent de la visitation.

Eglise SAINT QUINTIEN Ă  PICHERANDE

Eglise SAINT QUINTIEN Ă  PICHERANDE