Le Paillaret

Le Puy de Paillaret par Yves Lartigue

Le Paillaret

Le Paillaret

 

Prenons d’abord le temps de savoir pourquoi nos montagnes s’appellent des puys ? Eh bien cela nous vient des romains qui arrivant en Auvergne il y a un peu plus de 2100 ans, et voyant nos volcans se seraient écriés que le secteur était jonché de Podiums (promontoire ou surélévation). La Langue d’oc transforma le mot en Puech puis la langue d’oy le transforma à nouveau en : Puy. Le mot Paillaret pourrait faire référence au « Pailla » cette herbe sèche de la fin de l’hiver qu’on appelle aussi la « bourre ».

D’un point de vue géologique et volcanique :

Le Paillaret est situé sur la partie sud du strato-volcan du Sancy qui lui-même fait partie du grand strato volcan des Mont Dore composé de 3 édifices principaux : Massif de l’Aiguiller et de la Banne d’Ordanche Nord Nord Ouest (2.5 millions d’années à 1 million), Massif du Sancy au Sud (1 million d’années à 750 000 ans), Massif adventif au Nord (750 000 ans à 350 000 ans).

Ceux-ci représentant une partie du massif central volcanique s’étendant sur 700 km avec la chaine des puys au Nord, le Cézallier et le Cantal au sud. Nous sommes donc bien au cœur d’une des 5 zones protégées par « le Parc régional des Volcans d’Auvergne ».

Si nous nous centrons sur ce Puy de Paillaret, il s’agit d’un édifice volcanique de grand volume appelé « Dôme Coulé ».

Ceci nous parle de son origine, nous sommes en effet en présence d’un volcan issu d’une montée du Magma, de sa cristallisation partielle dans une chambre magmatique, puis d’une formidable explosion qui a permis à une lave semi « pâteuse » de remonter en surface. Cette lave dont la consistance emprisonne les gaz, produit de fortes explosions quand ce dernier se libère, pouvant projeter cendres et débris jusqu’à la stratosphère en haut (panache) et plusieurs dizaines de kilomètres sur les bords (nuées ardentes : vitesse d’environ 300km/h, températures aux alentours de 700°). L’édifice constitué ressemblant alors à un dôme, du fait de la viscosité de sa lave va se répandre partiellement sur les cotés constituant un énorme volcan qui  va ensuite se solidifier avec le refroidissement de sa lave.

A ce jour il est difficile d’imaginer de quoi il avait l’air lors de sa constitution car la dernière période glaciaire (le Würm de 100 000 ans à 15000 ans) l’a érodé fortement comme tous ses voisins (puys Ferrand, Gros, Perdrix, Chambourguet, Sancy). Il faudrait rajouter de la matière sur environ le double de sa hauteur et 1/3 en largeur.

Il nous reste aujourd’hui les 2 cheminées principales : un sommet de 1720m au nord et le grand plateau visible de Picherande et du col de la geneste au Sud est.

Nous contemplons donc le squelette d’un volcan qui continue à s’éroder par le gel et l’eau qui vont fracturer ses rochers et former les éboulis présents sur ces flancs.

D’un point de vue Faune et Flore :

Du fait de notre climat particulier, la hêtraie va s’arrêter sur ses flancs à une altitude d’environ 1300m et laisser la place à l’étage de végétation subalpin constitué de callune (fausse bruyère) et d’airelle myrtille pour les végétaux ligneux, on y trouvera de nombreuses fleurs protégées comme l’anémone pulsatille, l’anémone soufrée, le lys Martagon, l’Arnica Montana, la grande Gentiane, la gentiane printanière, la gentiane Champêtre, le trèfle des Alpes et bien d’autres. On notera aussi la présence d’une tourbière en fin de vie sur son flanc appelée le « Laki » localement.

Les animaux sur ces flancs et sommets sont les chamois (de passage), les mouflons(en grande quantité l’été), les marmottes (dans les pierriers), Les lézards ovovivipares, la grenouille rousse pour les principaux.

 D’un point de vue Humain :

La strate herbacée est aussi maintenue par la pratique séculaire des estives : ovidés au Nord (lié à l’entretien de l’espace de ski) et bovidés sur la majeure partie. En témoignent des ruines de burons sur le Ferrand sud, la montagne Haute, la montagne de Landrode et bien sur la baraque de la geneste qui visible de toute part a été un des plus grand burons de la région, aussi utilisé par le 92ème régiment d’infanterie de Clermont Ferrand et maintenant rénové et inutilisé par le syndicat des estives du Paillaret. En passant le col de la geneste, après deux virages, sur la droite existait même une ferme d’altitude.

Au niveau du bâti, nous avons aussi la jonction entre les stations de ski de super besse et le mont dore avec deux téléskis sur le flanc nord.

Le puy de Paillaret marque aussi la frontière de la réserve naturelle de Chastreix Sancy qui a répertorié et classé ses flancs comme zone naturelle sensible.

Le col de la Geneste pratiquement ouvert toute l’année offre un accès aisé pour sportifs et exploitants.

Les vaches ne manqueront pas de venir vous saluer.

Lorsqu’arrivent les beaux jours, il n’est pas rare de voir les parapentistes décoller de son sommet profitant des courants thermiques de son flanc sud.

Le Puy de Paillaret est aussi un formidable lieu de randonnées avec un PR au sud et le GR 30 au nord, les levers et couchers de soleil y sont époustouflants ainsi que les paysages tout autour. Attention grosse montée !…

Il est aussi l’hiver le lieu de prédilection pour un départ en ski de randonnée.

Actuellement la majeure partie du Puy de Paillaret se situe sur la commune de Picherande et beaucoup se plaisent à le considérer comme l’emblème Montagnard de Picherande.

Enfin, si vous foulez ses flancs, ou le regardez prenez le temps de mesurer l’immensité sous tous ses angles et notre rapport à elle…Et peut être verrez vous une tête de marmotte géante sur son flanc sud, dessinée par la végétation et les rochers (mode vision grand écran requis)

Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Vue du Lac Chauvet – Photo Thierry Amblard

Photo Thierry Amblard

Vue de Vassivière – Photo Thierry Amblard